samedi 29 juin 2013

Le Phonographe du Fumoir #2


Ah mélomanie quand tu nous tiens !...A l'instar du château de Versailles au temps de Louis XIV, la musique est présente du lever jusqu'au coucher au sein du Fumoir. Voici un florilège des airs dont se sont délectées nos cages à miel ces derniers jours, marqués par la garde à vue de Bernard Tapie et le décès d'Alain Mimoun.


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GILLE MAILLE, GENEVIEVE RAVET & ROLAND VLACHOPOULOS - Spot de prévention A.V.C. (2012)


Bluerred Lines de Robin Thincke ? Déjà périmé. Tombé sous le charme de Christophe Maé ? Un objet de dérision trop facile. Non, le véritable tube de cet été est d'ores et déjà ce que les mélomanes appelle la chanson de l'A.V.C. A l'origine simple spot de prévention comme il en sort des dizaines par mois, elle s'est rapidement imposée aux oreilles des plus fins connaisseurs grâce à sa mélodie hautement addictive. Preuve en est, la chanson de l'A.V.C. tourne en heavy rotation sur le phonographe du Fumoir depuis plus d'une semaine. L'écouter c'est l'adopter.

AEROSMITH - Pink (1997)


Socialisme triomphant oblige (présidence, gouvernement, Assemblée nationale, Sénat, magistrature, service public...), le rose est la couleur dominante de ce début de seconde année hollandaise. Le groupe américain Aerosmith, bien connu pour son implication dans la vie politique hexagonale, célébrait déjà en son temps l'avènement au pouvoir de la gauche plurielle sous la férule de Lionel Jospin. "Pink gets me high as a kite and I think every is going to be alright" chantait alors avec passion le lippu Steven Tyler. Des paroles plus que jamais d'actualité.

DEUX - Game and Performance (1983)


Derrière Deux se cache un duo (ben oui) français dont le parcours est nimbé de mystère, du fait d'une biographie plus que squelettique. Une seule écoute de Game and Performance suffit à convaincre tout un chacun qu'en dépit d'un insuccès endémique, nombre de groupes français ont rivalisé en talent avec leurs homologues britanniques ou américains au fil des dernières décennies. Difficile en effet de résister à cette pièce électro-pop douce-amère, savoureusement minimaliste et sertie d'un refrain viral.

A TRIBE CALLED QUEST - Electric Relaxation (1993)



Ambassadeur du genre en compagnie de leurs comparses De La Soul, le trio new-yorkais A Tribe Called Quest eut l'heur en ce début de décennie 90 d'injecter une bonne dose de good vibes dans un rap par trop testosteronné. En résulte le "jazz-rap" ou "smooth-rap" qui, loin de verser dans le mielleux, garde les pieds sur le bitume tout en ayant la tête dans les nuages. Un subtil dosage que le Wu-Tang Clan dynamitera l'année même de la sortie de leur troisième opus (1993) en sortant de derrière les fagots un rap violent et abrupt jusque-là inouï.

SHARON JONES & THE DAP-KINGS - Genuine (2011)


Il n'est pas nécessaire de monter au grenier et de fouiller dans ses vieux cartons de vinyles pour se délecter de funk ou de soul de qualité. Force artistes contemporains perpétuent la tradition en respectant les codes du genre -dont le premier commandement serait de préserver un son authentique et organique. C'est la cas de Sharon Jones dont le coffre a peu à envier à ses illustres prédécesseures. Accompagnée des Dap-Kings, elle signe ce Genuine sexy et suintant le groove. Du feu de Dieu.

RICHARD STRAUSS - Also sprach Zarathustra (Einleitung) (1896)


Quel est le point commun entre Stanley Kubrick, Elvis Presley et les lave-linge Bosch ? Eh oui, c'est bel et bien l'introduction du célèbre poème symphonique de Richard Strauss, utilisée par le premier pour la bande-son de 2001, l'Odyssée de l'Espace, par le second pour ouvrir ses concerts dans les années 70 et pour habiller de musique les pubs des troisièmes. D'une puissance limpide, ladite intro évoque un lever de soleil, thème cher au philosophe Nietzsche. D'après la légende, lors de la première représentation de l'oeuvre inspiré de son texte le plus fameux, celui-ci, ne pouvant s'exprimer car atteint de démence, aurait manifesté son approbation en faisant frétiller de joie son imposante moustache.

MICHEL SARDOU - Le Paraguay n'est plus ce qu'il était (1988)


Lorsque Michel Sardou enregistre son quinzième album l'année même où vint au mode le rédacteur de ces lignes, l'interprète de la Maladie d'Amour est considéré, à l'âge de 41 ans, comme un vieux chanteur. A la vérité, il le fut dès ses débuts en exprimant des opinions atlantistes et cocardières quand l'air du temps était acquis à la Révolution et à l'internationalisme. Ainsi, anachronisme constant, l'homme n'en finit plus de chanter la nostalgie, tel ce Paraguay... qui prend la forme d'une litanie extatique, chaudement recommandé par notre ami le Râleur Nonchalant. Ici en version live à Bercy (1989) où l'on peut entendre Sardou se planter dès le premier refrain.

MELVINS - Boris (1991)


Pour la petite histoire, Buzz Osborne, le chanteur-guitariste des Melvins, est celui qui enseigna la guitare au jeune Kurt Cobain. Si aucun lien de parenté ne lui est connu avec Ozzy Osbourne, il y a, en revanche, une filiation artistique patente entre l'ex-Black Sabbath et celui que les fans surnomment King Buzzo. Depuis plus d'un quart de siècle, les Melvins sont les artisans d'une musique brute et puissante, alliant pêle-mêle metal, punk et noisy. Faisant fi du schéma classique couplet/refrain/couplet, elle s'apparente à un jouissif exercice de déconstruction qui évite l'écueil de l'intellectualisation par un second degré qui anime l'ensemble de leur oeuvre. Forcément déroutants de prime abord, les méfaits sonores du trio résultent davantage de la volonté de créer des atmosphères lourdes et inquiétantes que de la quête de l'efficacité mélodique -confer le titre Boris.


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