Juillet 1975. Alors que le
courant hippie s’éteint de sa belle mort dans des simagrées puériles et des
slogans déjà ringards, un homme fourbit ses armes de destruction massive et
s’apprête à profaner le cimetière des légendes du rock en commettant l’album sacrilège
par excellence, celui qui siphonnera l’ensemble du rock’n’roll passé et à venir
et le subvertira jusqu’à l’extrême. L’aventure Velvet Underground s’est finie
en eau de boudin, et la carrière de Lou Reed semble bien promise à un avenir
radieux. En l’espace de trois ans, cinq albums, dont un live, sont sortis, et
Reed est toujours sous contrat avec RCA, qui exige la sortie d’un nouveau
disque. La légende voudrait que Reed se soit vengé en produisant volontairement
un album inaudible, ce qui est pour le moins sujet à caution. Nous allons voir
en quoi la double galette de TNT qui va sauter au visage de l’industrie du
rock, ne peut être réduite à un simple pied de nez.
