La mort exceptionnelle de
certains individus marque tant les consciences qu’elle finit par envahir la
biographie du personnage, jusqu’à occuper toute la place. Pas une discussion
sur Claude François, par exemple, sans évoquer son décès absurde et
« extraordinaire », au sens premier du terme. C’est dire si ces
anecdotes, qui font des gorges chaudes parfois depuis des siècles, ont un
intérêt obscur, presque malsain. La fascination qu’elles exercent sur nous
renvoie à nos propres peurs, à un vertige devant ce que l’on croyait à première
vue impossible. Le gâchis de voir de grands hommes finir stupidement, l’horreur
de la malchance, du grain de sable qui détruit toute la machine, le talent,
l’œuvre ou la beauté. Des accidents ridicules, des attentats ou des catastrophes
si rares qu’on n’y aurait pu penser. Et pourtant…
